COVID-19: Les spécialistes mettent en garde contre l’usage excessif des plantes médicinales

Des médecins spécialistes ont mis en garde contre l’usage excessif des plantes médicinales pour prévenir le Covid-19 ou réduire sa virulence, notamment avec la propagation du variant Omicron ces dernières semaines. Si le citoyen algérien a toujours eu recours aux plantes médicinales pour soigner différents maux, ce phénomène a pris de l’ampleur ces dernières $années, notamment avec l’apparition de la pandémie de Covid-19.En se rendant dans une herboristerie, on se croirait presque dans une pharmacie tellement les produits proposés, dont des plantes, des graines, des huiles essentielles à usage médicinal, sont bien agencés et classés en fonction de la demande des citoyens. »Les clients commandent leurs produits via la page Facebook du producteur et viennent les récupérer chez moi », a précisé Mme Oum Kaltoum qui tient une boutique à Alger. La commerçante propose des flacons de liquides colorés à la composition tenue secrète avec la mention « Mélange magique » censés, selon elle, atténuer les symptômes de la grippe saisonnière et du Covid-19.Les plantes les plus demandées pendant cette pandémie sont les clous de girofle, les feuilles d’eucalyptus, les graines de nigelle, le thym, a fait savoir Mohamed, herboriste à Alger centre.Selon Youcef, herboriste à Draria, les citoyens achètent parfois un mélange de plantes utilisées en concoction contre la toux et les difficultés respiratoires, dans le traitement du rhume ou du Covid-19.Un client adepte de ce type de médication, notamment en hiver, estime que « même si elles ne sont pas efficaces, les huiles essentielles et les plantes médicinales ne peuvent pas faire de mal ». « La phytothérapie est ancrée dans les mœurs de la société algérienne », a-t-il dit.Une cliente venue s’approvisionner en épices dans la même échoppe a indiqué qu’elle n’achetait jamais de plantes médicinales sans avis médical après une mauvaise expérience avec une plante contre les douleurs articulaires qui a failli lui coûter la vie.

Le recours fréquent à la médecine alternative , provoque des risques accrus pour la santé

le chef du service des maladies infectieuses à l’Etablissement public hospitalier (EPH) de Boufarik, Mohamed Yousfi, a tiré la sonnette d’alarme sur le recours des citoyens à l’automédication et à la phytothérapie, prévenant que certaines plantes contiennent des principes actifs qui peuvent être dangereux pour la santé des personnes.Le recours aux traitements traditionnels ces dernières semaines suite à la forte propagation du variant « Omicron » est du aux coûts élevés des soins dans les établissements privés et à « la mauvaise prise en charge » des malades dans certains établissements hospitaliers, explique le spécialiste. Pour le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyes Merabet, praticien de santé de proximité, la phytothérapie et la prise de compléments alimentaires doivent être recommandés par les spécialistes car un mauvais usage de ces produits peut entraîner de graves complications, a-t-il précisé. « Tous les produits destinés à la santé humaine « doivent être contrôlés par les ministères habilités à autoriser leur commercialisation », ajoute M. Merabet, soulignant la nécessité d’établir « une coordination entre les différents secteurs en charge de ce type de commerce pour éviter la médication anarchique nocive pour la santé». Concernant la prise d’infusions recommandée par les spécialistes pour éviter la déshydratation, le président du SNPSP appelle au respect des doses prescrites pour éviter les complications. Pour sa part, la directrice chargée des maladies émergentes au ministère de la Santé, Samia Hamadi appelle à respecter les recommandations des médecins dans la prise des infusions et concoctions à éviter la consommation excessive de certains produits qui ne doivent pas être associés à certains médicaments. L’organisation mondiale de la santé (OMS) reconnait les aspects « bénéfiques » de l’usage rationnel de la médecine populaire et appuie les pays membres dans l’élaboration de leurs stratégies nationales sur les principes directeurs de la médecine populaire et des recherches stratégiques. La commercialisation des plantes médicinales et des extraits d’huiles végétales est soumise à une autorisation délivrée par le ministère du Commerce. Vu la forte propagation du variant Omicron, ces derniers jours, et la contamination de nombreux personnels de plusieurs secteurs, on n’a pas pu obtenir les informations nécessaires sur la gestion de ce dossier.

Yasmine D

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *